LE COTON et L'AFRIQUE : Subventions et Commerce
Par Amath Soumare le 16 Septembre 2003 |
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La production de coton représente pour de nombreux Etats africain un secteur économique vital (en particulier en Afrique de l'Ouest), parce qu'il fait non seulement vivre une partie substantielle de leur population (on estime que les revenus cotonniers font vivre 16 millions d'Africains), mais qu'il est aussi une des sources de rentrées de devises les plus incontournables. De fait, le coton africain doit faire face à un défi majeur : près de 70% de la récolte mondiale de coton a bénéficié de subventions directes à la production, ce qui fausse la loi du marché et permet au coton d'avoir un cours anormalement bas..... |
Aussi, quelles sont les solutions qui s'offrent aux Etats africains pour bénéficier enfin de leur important avantage concurrentiel sur le coton ?
I) Situation actuelle et données
A) Les marchés
La consommation de coton a été multipliée par 3 depuis 1950 : les principaux importateurs sont la Chine, l'Inde et le Pakistan, du fait notamment du faible coût de leur main d’œuvre et de la délocalisation des filatures occidentales vers ces pays. L'Afrique de l'Ouest est aujourd'hui, avec 15 % du marché, le cinquième exportateur mondial, derrière les États-Unis (32% des ventes mondiales), la Chine, l'Inde et l'Ouzbékistan.
B) Les cours
 Les cours du coton depuis 10 ans (source : Les Echos) Extrêmes : 109,15 cts/lb au plus haut le 08/03/95 ; 28,52 cts/lb au plus bas le 25/10/01
Le graphique nous montre, de 1995 à fin 2001, un baisse de près de 75% du cours du coton, même si depuis 2002 les cours sont à la hausse. Ce qui doit être souligné à partir de ce graphique, c'est la très forte volatilité des cours du coton... qui pénalise les producteurs ne bénéficiant pas de garantie de cours.
Le prix de revient du coton africain, parmi les plus compétitifs du monde, tourne autour de 50 cents. Le prix de vente a donc été inférieur au prix de revient depuis 4 ans et redevient "rentable", même si il n'est pas suffisant pour dégager des marges "honorables".
Le fait est que l'offre de coton a tendance à dépasser la demande, ce qui provoque une inexorable baisse des cours depuis 1995 et un effondrement catastrophique sur 2001-2002 (62,01 cents US la livre de coton fibre le 30 janvier 2001, 28,52 cents US le 25 octobre). Actuellement, les cours mondiaux ont retrouvé leur cours d'il y a 10 ans : 60 cents US la livre de coton.
C) l'Afrique
Le coton est considéré comme "l'or blanc" de l'économie africaine : l'Afrique de l'ouest est le 5° exportateur mondial avec 15 % du total mondial des exportations.
Le coton représente dans les pays où il est produit une source de devises et d'emploi incontournable, sans compter les retombées sociales. Au Bénin, le coton représente 75 % des recettes à l'exportation; au Mali, 50%; au Burkina Faso, 60 % des recettes et un bon tiers du produit intérieur brut sont dus au coton. Dans ces pays, ce sont plus de 10 millions de personnes qui vivent directement de la production de coton. Les retombées sont importantes, et permettent par exemple l'injection à l'économie rurale malienne de près de 120 milliards CFA.
Le coton représente pour la plupart des Etats d'Afrique francophone de l'Ouest et du Centre une voie de développement essentielle des économies rurales, il est un moteur de ces économies : il est au cœur du développement de ces pays et populations, contrairement aux PDEM. |