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L'Actualité 

:: Prescription du FMI pour l’Afrique: LA DEVALUATION
Le FMI a rendu public, ce 25 avril 2009, son rapport sur les perspectives de la région. Et entre autres mesures, le Fonds appelle à « laisser les monnaies se déprécier ».

Le spectre d’une dévaluation planerait-elle sur les monnaies ayant cours dans la région subsaharienne de l’Afrique ?
Cette prescription du FMI dans les perspectives économiques de la région Afrique subsaharienne ne laisse pas beaucoup de place au doute : en ces temps difficiles, la politique économique doit donc être guidée par les principes suivant : « Utiliser la marge de manœuvre budgétaire disponible et autant que possible, assouplir la politique monétaire et laisser le taux de change s’adapter à la conjoncture externe ».
La seconde mesure, jusque-là évoqué uniquement mezzo voce au nombre des solutions de contingentement des effets de la crise économique planétaire, vient d’être brandi par le Fonds monétaire international (FMI), cette fois urbi et orbi.

Pour les experts de cette institution financière internationale il y a une sérieuse menace de « remise en cause des progrès économiques remarquables accomplis par cette partie du monde au cours des dix dernières années sur le front de la croissance et de la stabilité économique ». Surtout que, comme le note le Fonds, « les mesures prises rapidement par les gouvernements des pays avancés n’ont pas réussi à protéger de ses effets les pays émergents et les pays en développement, comme initialement espéré … On s’attend maintenant à ce que la croissance des économies émergentes et en développement ralentisse et tombe d’environ 6% en 2008, à moins de 2% en 2009, sous l’effet d’une contraction de la demande d’exportations, d’une diminution des entrées de capitaux et d’une baisse des prix des produits de base ».
« Les pays appliquant de facto un régime de rattachement du taux de change pourraient envisager de l’assouplir un peu. »

Péril en la demeure

Il y aurait donc péril en la demeure. Et aucune mesure dans l’arsenal des instruments de gouvernance de crise ne serait à exclure pour préserver « la croissance qui est indispensable à la réduction éminemment souhaitable de la pauvreté ». Face donc à la diminution de la demande d’exportations africaines, à la baisse des cours des produits de base, au risque de fléchissement des envois de fonds des travailleurs émigrés, au resserrement mondial du crédit et à l’aversion des investisseurs pour le risque, qui ont déjà provoqué une inversion des flux d’investissements de portefeuille, découragé l’Investissement direct étranger (IDE) et rendu le financement des échanges plus coûteux, face au ralentissement de l’activité économique avec pour corollaire un accroissement du risque de crédit et les créances improductives et, partant, un affaiblissement du bilan des institutions financières et des sociétés, le FMI conseille aux pouvoirs publics de la région une « riposte adaptée à la situation particulière de chaque pays ». Leur prescrivant ce qui doit en être « la priorité pour tous : limiter les effets négatifs de la crise sur la croissance économique et la lutte contre la pauvreté, tout en préservant les progrès accomplis ces dernières années au prix de grands efforts, notamment la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette ».

« L’assouplissement de leur politique monétaire »

Décryptage de ces « grands efforts » auxquels sont invités les pays d’Afrique subsaharienne, ce sont donc, pour certains, « l’assouplissement de leur politique monétaire » sous l’effet de l’impulsion déflationniste que devrait induire la chute des prix des produits de base. Chacun devra pouvoir se mettre à cette mesure, quelle que soit le régime de change qui est le sien. Le conseil des experts du Fonds est des plus précis : « La monnaie devra se déprécier en termes réels dans les pays où les termes de l’échange se sont détériorés et où les flux de capitaux se tarissent. Les pays à taux de change souple devraient laisser leur monnaie se déprécier, tandis que, dans les pays à taux de change fixe, la politique budgétaire reste, avec des mesures visant à améliorer la compétitivité, le principal moyen d’intervention. Les pays appliquant de facto un régime de rattachement du taux de change pourraient envisager de l’assouplir un peu ». Pour ceux des pays de la région qui ont réussi à stabiliser leur situation macroéconomique et qui sont libres de contraintes liées à la soutenabilité de la dette, ou qui ont accumulé de l’épargne pendant la vague de prospérité, les « grands efforts » prendraient les formes de « financement de l’accroissement du déficit budgétaire, en laissant jouer les stabilisateurs automatiques, ou de relance budgétaire discrétionnaire via des mesures sociales pour protéger les populations pauvres ou encore de recours aux réserves pour procéder progressivement aux ajustements nécessaires ». Pour ceux des pays de la région sans réserves, c’est aux donateurs qu’il reviendra de faire des « efforts » en terme de « soutien accru des pour faciliter leur ajustement ».

« S’adapter au nouveau contexte extérieur »

Pour le FMI, dans la conjoncture défavorable actuelle, caractérisée par les effets d’engrenage de la dépression économique mondiale et l’aversion croissante des investisseurs au risque, l’assombrissement des perspectives de croissance économique dans toute la région, consécutif à la chute de la demande et des cours des produits de base ainsi que au tarissement des ressources extérieures, « tous les pays (de la région d’Afrique au sud du Sahara, ndlr) devront s’adapter au nouveau contexte extérieur »… Même s’il faut passer par une dévaluation de leur monnaie.

Louis S. Amédé, Les Afriques;
Posté le 04/05/2009 par Amath Soumare
Source : Sopel/les Afriques
:: 247 Mds USD: LE COUT DE LA CRISE FINANCIERE POUR L'AFRIQUE
Une croissance qui tombe sous la barre des 3 %, une chute des exportations et une baisse des investissements... Le continent n’échappe pas au ralentissement économique mondial. À l’initiative de la Banque africaine de développement (BAD), les ministres des Finances et les gouverneurs des Banques centrales tirent la sonnette d’alarme.

La vague du tsunami économique est encore au large du continent africain. Elle ne touchera ses rivages qu’au cours de cette année, soit un an après les États-Unis, où tout a commencé, et six mois après l’Europe et l’Asie. Pourquoi cette arrivée tardive ? L’Afrique est faiblement intégrée au système financier international – celui par lequel le mal est arrivé – et encore peu présente, malheureusement, dans les échanges économiques. Forte d’une population qui a franchi, le 1er janvier 2009, le cap du milliard d’habitants, soit 15 % de la planète, l’Afrique ne pèse en effet pas lourd, englobant seulement 2,5 % du produit intérieur brut mondial (PIB) et 3,6 % des exportations. D’aucuns estimaient, jusqu’en octobre 2008, que le continent allait ainsi rester un îlot éloigné de la tourmente.

Mais à partir du 13 novembre, date de la première conférence panafricaine des ministres des Finances et des gouverneurs des Banques centrales, réunie à Tunis à l’initiative du président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, le monde entier prend conscience de la gravité de la situation. Une estimation est donnée : le taux de croissance économique prévu initialement à 6,5 % en 2009 tomberait à un peu moins de 5 %. Les argentiers décident à Tunis de désigner, parmi eux, un comité de dix ministres chargé d’évaluer avec plus de précision les conséquences sur le continent. Ce comité tient une première séance de travail (16 janvier) au Cap, en Afrique du Sud, et une deuxième (10 mars) à Dar es-Salaam, en Tanzanie. C’est là qu’il met la dernière main au document final qui sera remis le 1er avril au Premier ministre britannique, Gordon Brown, à la veille du sommet du G20 de Londres. Ce rapport de 27 pages (version française) analyse « l’impact de la crise sur les économies africaines » et fait une série de recommandations pour « maintenir la croissance et poursuivre la réduction de la ­pauvreté ».

Une crise « importée »

Que dit ce rapport ? Alors que le continent avait, pour une fois, enclenché un programme de redressement et de réformes quasi général, réalisant un taux de croissance de 6 % par an en moyenne de 2004 à 2008, voilà que la crise « importée » va briser cet élan avec un taux de 2,8 % en 2009. Cette réduction de moitié réduit à néant l’amélioration espérée du revenu par habitant en raison d’une croissance démographique du même ordre. Selon l’estimation de la Banque mondiale, le nombre de pauvres (ceux qui vivent avec l’équivalent local de 1,25 dollar par jour) va augmenter de 10 % pour atteindre 550 millions de personnes. Les familles africaines qui survivent grâce à l’argent envoyé par les migrants vont perdre au total 1 milliard de dollars en 2009 sur un total de 20 milliards reçus en 2008, selon une étude publiée en mars dernier.

Moins de ressources, cela signifie moins de repas, moins d’enfants à l’école, moins de soins… « La crise emportera avec elle entreprises, mines, emplois, revenus et moyens d’existence. En Afrique, pas moins qu’ailleurs, le temps presse et l’adoption de mesures décisives ne peut plus attendre », explique le rapport remis aux dirigeants du G20.

Les pays riches ont pu mobiliser en un temps record plusieurs centaines de milliards de dollars au profit de leurs citoyens et de leurs entreprises. L’Afrique demande, en tant que victime collatérale, qu’une part infime (0,7 % du PIB mondial) lui soit consacrée. Grâce à la relance des années 2000, le flux des capitaux privés à destination de l’Afrique a doublé, passant à 60 milliards de dollars en 2008. Mais la contraction des investissements et la faible liquidité des marchés menacent de le ramener à moins de 30 milliards en 2009. Une quinzaine de grands projets sont déjà concernés, souligne le rapport. Ils sont reportés sine die « à des temps meilleurs ». On cite des raffineries en Algérie et au Soudan, des centrales électriques au Botswana et en Éthiopie, des autoroutes à péage au Kenya et au Sénégal, des aéroports, des ports. On annonce des fermetures de mines et d’usines (textiles, sidérurgiques, mécaniques) un peu partout sur le continent.

Tous les pays sont touchés ou presque. Cela va des plus grands (Afrique du Sud, Nigeria, Algérie…) à ceux qui dépendent à plus de 90 % des recettes pétrolières (le prix du baril a fondu de moitié entre 2008 et 2009), à l’instar de l’Angola et de la Guinée équatoriale. Le document évalue les pertes dues à une baisse de 40 % des exportations à 251 milliards de dollars en 2009 et 277 milliards en 2010. Dans le détail, les exportations africaines, estimées à 634 milliards pour 2009 – avant la dégringolade actuelle –, plongeraient à 383 milliards.

Si chers au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale, les équilibres macroéconomiques vont se dégrader. Plus les exportations vont fléchir, moins les États vont encaisser de devises et de droits de douane. Plus les entreprises seront en difficulté, moins les gouvernements pourront compter sur les taxes sur la valeur ajoutée et les impôts sur les bénéfices. Les résultats sont chiffrés : le déficit des comptes courants (balance des paiements extérieurs) atteindrait 4,3 % du PIB en 2009 (65 milliards de dollars), contre un excédent de 2,7 % en 2008 (40 milliards). Tandis que les déficits budgétaires exploseraient à 5,4 % du PIB, contre un surplus de 2,8 %

Plan de relance

Comment financer ces déficits ? La planche à billets, la dépréciation de la monnaie, l’augmentation des impôts ou des concours extérieurs ? La première solution appartient à un passé révolu. Elle fait plus de mal (inflation, endettement) que de bien à court terme. La deuxième, l’ajustement du taux de change, est à double tranchant – elle encourage le tourisme et les investissements étrangers, mais elle alourdit les factures à l’importation. La troisième pénalise les entreprises en augmentant la pression fiscale. Reste donc les apports de capitaux extérieurs. La BAD estime les besoins du continent à un minimum de 106 milliards de dollars sur deux ans (2009-2010), juste pour rétablir le rythme précédent de croissance. Mais, pour véritablement relancer la machine et atteindre les 7 % de croissance nécessaires à la réalisation des infrastructures de base et à la réduction de moitié de la pauvreté d’ici à 2015, il faudrait 247 milliards, toujours sur deux ans. C’est le quart du programme de relance décidé par le président Barack Obama pour les seuls États-Unis. C’est l’équivalent de 10 % des réserves de change de la Chine.

À défaut d’une réponse internationale à la hauteur des enjeux, plusieurs gouvernements africains ont mis en œuvre des mesures : aides aux entreprises exportatrices, baisse des taux d’intérêt, crédits à la consommation, réduction des dépenses budgétaires et augmentation – lorsque cela est possible – des investissements publics pour maintenir l’activité. Des comités de suivi de la crise existent ici et là. Leur préoccupation majeure est de colmater les brèches, de suivre au plus près l’évolution des marchés intérieurs et d’éviter l’aggravation de la pauvreté et des injustices, synonymes d’émeutes, de répression et d’émigration clandestine. Mais leur capacité d’action est sérieusement limitée. Ils ont besoin d’un accès renforcé aux capitaux (lesquels ont été asséchés par les emprunts lancés par le Trésor américain et les État européens) et d’un accroissement sensible de l’aide au développement. L’Afrique ne doit pas être l’oubliée de la relance mondiale, il lui faut au moins 247 milliards Usd pour 2009-2010 pour éviter le naufrage.
samir gharbi
Posté le 03/05/2009 par Viviane Delorme
Source : Sopel/
:: Un fonds souverain pour l'agriculture en Afrique
Un an après les émeutes de la faim qui ont marqué le printemps 2008, Donald Kaberuka, président de la BAD, et Alain Joyandet, secrétaire d’État français à la Coopération et à la Francophonie, ont officialisé le 15 avril, à Paris, la naissance du Fonds d’investissement pour l’agriculture en Afrique (FIAA).
Sorte de fonds souverain dédié au monde agricole, il compte pour l’instant quatre parrains : la France – à travers l’AFD –, la BAD, le Fonds international pour le développement de l’agriculture (Fida) et la fondation de Kofi Annan, Alliance pour une révolution verte en Afrique (Agra).
Chaque partenaire devrait doter le FIAA d’au moins 20 millions d’euros d’ici à la fin de l’année, date à laquelle il renflouera les premières entreprises africaines qui peinent à financer leurs investissements. « Une quinzaine de projets sont déjà dans le pipe », complète Gilles Peltier, conseiller du directeur général de l’AFD. Seules sont concernées les entreprises (productions céréalières, laitières, de fruits et légumes, de semences, d’engrais…) prises en tenaille entre les grands projets publics agricoles, qui ont déjà leurs modes de financement international, et les exploitations individuelles qui bénéficient aussi de la microfinance.
Dans un premier temps, les promoteurs du fonds agricole veulent collecter 200 millions d’euros puis, à terme, 500 millions. Le 26 avril, les artisans du FIAA ont rendez-vous avec la Commission européenne pour la convaincre de participer au tour de table. La SFI, bras armé de la Banque mondiale, donnera sa réponse d’ici à deux mois. Les investisseurs du Golfe et les banques privées africaines seront approchés à leur tour. « Le fonds sera un atout pour atténuer la vulnérabilité des entreprises et relancer l’agriculture vivrière africaine à l’heure où des achats massifs de terre nous inquiètent. De plus, les prix de certaines productions agricoles se retendent, au risque de pénaliser gravement les consommateurs appauvris par la crise. Il est urgent de relancer la production », a justifié Alain Joyandet.
Posté le 03/05/2009 par Viviane Delorme
Source : Sopel/
:: 250 millions d'euros aux entreprises africaines
Un Fonds Français d’investissement et de soutien aux entreprises en Afrique (FISEA) d’un montant initial de 250 millions d’euros a été lancé par la France pour créer, dans les cinq prochaines années, plus de 100.000 emplois. La France a lancé mercredi ce fonds d\'investissement et de soutien aux entreprises africaines dont l\'objectif est de créer 100.000 emplois en cinq ans, a annoncé le secrétariat d\'Etat à la Coopération dans un communiqué.
Ce Fonds d\'investissement et de soutien aux entreprises en Afrique (FISEA), doté de 250 millions d\'euros sur cinq ans, veut \"favoriser la croissance des PME africaines en leur apportant une ressource financière\". \"Il se consacre à des opérations plus risquées que celles que les banques acceptent de financer\", tout en privilégiant \"les initiatives ayant un fort impact sur la création d\'emploi\", poursuit-il.
Pour la moitié des projets financés, le FISEA prendra des participations dans des fonds d\'investissements afin que ceux-ci s’engagent à leur tour dans des entreprises en Afrique.
L’autre moitié sera consacrée à des prises de participations directes dans des sociétés, explique de son côté l\'Agence française de développement (AFD) qui détient ce fonds.
\"Avec 50 millions d\'euros investis par an, le FISEA devrait financer d\'ici cinq ans une vingtaine de fonds différents, eux-mêmes actionnaires d\'environ 800 PME\", affirme le secrétariat d\'Etat.
Ce fonds, financé par les fonds propres de l\'AFD, doit permettre de \"catalyser un milliard d\'euros de capital risque\" en Afrique et \"contribuer à créer et maintenir plus de 100.000 emplois\", ajoute le communiqué.
L\'AFD évoque, elle, une soixantaine de projets financés d\'ici cinq ans par le FISEA.
Le 15 avril, le secrétaire d\'Etat à la Coopération Alain Joyandet avait également annoncé la création d\'un \"Fonds d\'investissement pour l\'agriculture en Afrique (Fiaa)\" pour aider le développement des petites entreprises agricoles.
Outre l\'AFD et la Banque du continent africain (Bad), le Fonds international pour le développement de l\'agriculture (Fida) et la Fondation \"Alliance pour une révolution verte en Afrique\" de Kofi Annan sont membres fondateurs de ce Fiaa.
Posté le 03/05/2009 par Viviane Delorme
Source : Sopel/
:: Sommet Africain pour faire face à la crise mondiale
Les ministres des finances et les gouverneurs africains discutent des solutions à apporter à la crise financière
Des ministres des finances et des banquiers de toute l’Afrique se sont réunis jeudi 23 avril avant les Réunions du printemps Banque mondiale & Fonds monétaire international qui se tiennent à Washington, pour rechercher des moyens de faire face à l’impact que la crise financière mondiale a sur les pays africains. La recherche des solutions régionales pouvant aider les pays à surmonter la crise était à l’ordre du jour. Dirigée par M. Shanta Devarajan, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique et présidée par sa vice-présidente pour l\'Afrique, Mme Obiageli Ezekwesili, cette réunion a mis ses participants au défi de sortir des sentiers battus pour apporter des solutions aux problèmes économiques, humanitaires et politiques que cause déjà la crise sur le continent africain.
Pour Ezekwesili les saines politiques macroéconomiques conçues par les Africains au cours de la dernière décennie et qui ont eu en partie pour effet des taux de croissance élevés, sont à présent mises en question. Quels types de politiques appropriées les pays devraient-ils suivre dans une crise systémique?, a-t-elle demandé. Les pays africains devraient-ils par exemple chercher une solution du côté des politiques de style américain et européen? Ishac Diwan, directeur de la Banque mondiale pour les pays d’Afrique de l’Ouest, a déclaré que les gouvernements devaient maintenant s’efforcer de diversifier l’activité économique et profiter des opportunités offertes par d’autres secteurs au moment où ils se tournent vers leurs exportations de produits de base. Il faut déterminer quels sont les deux ou trois produits pour lesquels une coordination aux plus hauts niveaux peut devenir l’agent du changement et faire la différence, a-t-il estimé.
Selon Consolate Rusagara, directrice des Systèmes financiers de la Banque mondiale, les responsables africains «ont des choix difficiles à faire». Elle a estimé par exemple que l’inflation posait encore un problème dans les pays africains et que face à la crise, les banques centrales devraient s’efforcer de réduire les taux d’intérêt pour encourager les prêts. La question est toutefois de savoir comment les responsables peuvent réduire les taux d’intérêt dans un contexte de forte inflation. Elle a insisté sur la nécessité de développer les marchés financiers nationaux, de procéder à un suivi et de trouver des solutions au plan régional, et elle a estimé que les banques africaines devraient avoir des plans d’urgence.
Selon la Banque mondiale, la crise financière frappe les pays africains en réduisant sensiblement quatre sources de recettes : les apports de capitaux privés, les envois de fonds des émigrés, l’aide extérieure et les cours des produits de base. D’après Lamine Zeine, ministre des finances du Niger, c’est sur les envois de fonds des travailleurs émigrés que la crise a eu l’effet le plus sensible, et il en est résulté un ralentissement des investissements, en particulier dans l’agriculture.
Ali Mansoor, secrétaire aux finances de Maurice, a demandé instamment que l’on procède à un ajustement des politiques au niveau des pays mais, il considère que les organisations internationales de promotion du développement comme la Banque mondiale doivent proposer des financements supplémentaires. Il faut disposer de ressources additionnelles spécialement destinées à nous aider à surmonter la crise, a-t-il déclaré. Les domaines d’action privilégiés devraient, selon lui, être notamment les suivants: aide aux entreprises privées viables pour sauver des emplois, octroi d’une assistance technique aux petites et moyennes entreprises, et mise en place accélérée d’infrastructures publiques. Il a signalé le cas de son pays, où les crues soudaines de ces derniers mois ont rendu nécessaires des investissements dans l’installation de réseaux d’évacuation des eaux plus efficaces. Il a estimé que le rôle de la Banque mondiale devrait consister à apporter une assistance technique aux pays en vue de la mise en place de montages financiers.
Le séminaire de jeudi dernier a suscité un débat animé entre ministres, banquiers et représentants de la Banque mondiale. Il s’est terminé par un appel d’Ezekwesili de la Banque mondiale, aux pays pour qu’ils recherchent dans les expériences et les solutions de l’Afrique même un moyen de surmonter la crise.

Idriss Linge
Posté le 03/05/2009 par Viviane Delorme
Source : Sopel/
:: Comprendre toute La Constitution en Afrique
Ce site TRES IMPORTANT qui propose un regard différent sur l\'actualité constitutionnelle foisonnante des pays africains. Il ne s\'agit pas de singer les gazettes ou les libelles, de s\'abîmer dans une lecture partisane des constitutions, des révisions, des pratiques et des jurisprudences.

La Constitution en Afrique se conçoit comme l\'un des vecteurs du renouvellement doctrinal qu\'imposent les changements à l\'œuvre depuis la décennie 1990. La chose constitutionnelle a acquis dans la région une importance inédite. Il faut changer de paradigme pour la rendre intelligible ! C\'est d\'abord au constitutionnaliste de jauger le constitutionnalisme africain contemporain, ses échecs - toujours attestés -, ses succès - trop souvent négligés. Sans verser ni dans la science politique, ni dans un positivisme aveugle, le constitutionnaliste peut et doit décrypter la vie constitutionnelle, en faisant le meilleur usage des outils de la science actuelle du droit.

Stéphane BOLLE
Maître de conférences HDR en droit public
Université Paul Valéry - Montpellier III
http://www.la-constitution-en-afrique.org/
E-mail: la-constitution-en-afrique@voila.fr
Posté le 27/04/2009 par Viviane Delorme
Source : Sopel/
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