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FIED 2001
SYNTHESE GENERALE DES TRAVAUX DES DEUXIEMES RENCONTRES AFRICAINES SUR L'INTELLIGENCE ECONOMIQUE ET LE DEVELOPPEMENT

2. Problèmes qui freinent le développement de l'Intelligence Economique et des NTIC et dont la résolution accélèrerait l'appropriation par les habitants des pays du Sud

Lors des conférences il a été rappelé l'existence de plusieurs problèmes qui ne facilitent pas la percée de l'Intelligence Economique et des NTIC en Afrique :
· l'absence d'infrastructures ;
· les difficultés d'accès à l'électricité ;
· les problèmes d'accès au téléphone (coûts exorbitants, temps d'accès longs) ;
· l'absence de moyens (financiers notamment) ;
· le problème de l'analphabétisme, donc de l'éducation et de l'instruction ;
· le problème du chômage des jeunes;
· l'absence de vision et de réelle volonté politique de la part des dirigeants ;
La résolution de ces problèmes faciliterait la vulgarisation et l'usage de l'Intelligence Economique et des NTIC en Afrique.

3. Recommandations formulées sous forme de plans d'actions
Plusieurs propositions et recommandations ressortent des différentes interventions à l'issue des conférences.


Il a été souligné qu'il est nécessaire d'inscrire le problème de l'Intelligence Economique et des NTIC dans une stratégie globale et de long terme qui implique tous les Africains. Les Africains ont été exhortés à exprimer leurs attentes en matière de NTIC, à participer aux échanges, et à augmenter les contenus les concernant sur Internet.
Ci-après les principales recommandations et plans d'actions :
· Procéder à un échange de savoir faire entre les pays du Nord et ceux du Sud dans le domaine de l'Intelligence Economique et des NTIC;
· Sensibiliser les décideurs économiques et politiques, les agents économiques, la société civile dans les nouvelles techniques de l'intelligence Economique et des NTIC.
· Créer des cellules de veilles et d'intelligence économique offensive et stratégique au sein de chaque ministère ;
· Procéder à une refonte des programmes de formations en introduisant dans les programmes scolaires les formations liées aux nouveaux métiers liés à Internet ;
· Se doter d'équipements propres à l'Afrique (par exemple : Acquisition de satellite commun à plusieurs pays) ;
· Développer les technologies alternatives pour des raisons d'accessibilité et de coûts,
· Développer les technologies solaires pour l'accès à l'électricité dans les zones rurales
· Mettre en place une décentralisation effective dans les pays en créant les collectivités locales au Sud ;
· Repenser les projets de développement et la coopération internationale en terme de stratégie de développement durable du continent ;
Les intervenants ont proposé de soumettre à la Communauté Européenne un projet appelé URBAL qui mettrait en relation les villes d'Europe et d'Afrique.

4. Conclusion et remerciements


Il est certain que beaucoup de progrès ont été accomplis ces dernières années en Afrique. Mais il est également certain qu'énormément de choses restent à faire. Sans l'implication de tous, la réduction de la fracture numérique sera un leurre comme l'a été celle de la fracture économique ou sociale entre les pays du Nord et du Sud.
Il faudra que les gouvernements prennent conscience que tout manque de vision et toute passivité vis à vis de l'implantation de la société du savoir et des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) dans le projet de transformation de la société africaine se traduira par un coût social et un retard économique beaucoup plus énorme que prévu. A court terme, nous risquons d'hypothéquer l'avenir de nos enfants.
Des actions concrètes et rapides doivent être mises en place à trois niveaux :
Au niveau des entreprises (national et régional)
- Créer un comité de coalition au niveau régional pour recenser toutes les volontés pour se doter d'outils technologique et stratégique que chaque entreprise ne peut développer seule
Une analyse (de type Benchmarking) permanente mesurant la progression des activités par rapport à l'année antérieure et par rapport aux autres concurrents;
Un réseau régional et national de veille stratégique renseignant les acteurs locaux sur ce que font les concurrents et sur l'apparition des niches qui surgissent au gré des découvertes et des alliances;
Une présence permanente dans toutes les grandes villes et tous les événements du continent africain, de l'Union Européenne, de l'Alena, de l'Asean et du Mercosur.
Au niveau des Gouvernements (national et régional)
Créer au niveau de la Présidence, de la Primature et des Ministères clés, des cellules de veille stratégique capable de fournir des scénarios aux décideurs.
Faire des gouvernements des leaders d'opinions dans le domaine des NTIC; mettre en place une inforoute gouvernementale (e-gouvernement) adaptée pour une meilleure qualité et une diffusion des connaissances et de l'information stratégique au niveau de tous les acteurs;
- Mener une guerre à la rétention de l'information dans toutes les administrations et informer sur les avantages du travail en réseau.
- Créer un plan de société intégré au NEPAD, pour la transformation de la société africaine par la "nouvelle économie africaine " et les NTIC, en regroupant les principaux acteurs autour d'un objectif commun: la sécurité alimentaire, sécurité économique et patriotisme économique.
Au niveau de Société Civile (national et régional)
- Créer des contenus et des programmes d'éducation (écoles, universités, alphabétisation, santé, éducation permanente et professionnelle) pour sensibiliser, harmoniser le passage des citoyens à la nouvelle société du savoir.
La mise en place de ces structures peut offrir à court terme, une opportunité supplémentaire de mieux connaître l'Afrique, sous représentée dans les médias traditionnels occidentaux. Il permettra surtout aux Etats et entreprises africaines d'accéder aux banques de données et d'informations entretenues dans le secteur privé et les organisations internationales et accélérer ainsi l'accès à la nouvelle civilisation du savoir.
Dans cette nouvelle guerre économique qui se joue à l'échelle mondiale, il ne faudra surtout pas se tromper d'époque, ni de lieu. Les décideurs africains qui n'ont naguère engagé toutes leurs forces dans cette bataille ne doivent pas oublier que la communication dans ce sixième continent est basée sur le multimédia (texte, image, son). L'Afrique, initiateur du multimédia avec l'invention de l'outil et des hiéroglyphes ne doit certainement pas rater l'occasion de prendre le train du nouveau siècle numérique.
Le patriotisme économique exige qu'ensemble, toute la diaspora africaine, les associations de développement, les chercheurs, les responsables politiques, les dirigeants d'entreprises, la société civile doivent prendre leur responsabilité et contribuer activement dans le renouveau du système actuel, par des actions innovantes, concrètes et adaptées, si nous voulons transformer notre devenir dans la nouvelle société du savoir.
L'Intelligence Economique et les nouvelles technologies actuelles offrent une chance extraordinaire aux pays africains. L'Afrique a une seconde chance. Autrefois, on mesurait le bien être d'un pays à travers le solde de sa balance commerciale, aujourd'hui nous vivons dans une civilisation cognitive ou les idées sont beaucoup plus puissantes que le travail dans les usines.
L'Afrique possède aujourd'hui, toutes les potentialités pour vaincre l'ignorance, éloigner les guerres tribales, apporter des faisceaux de connaissances, élever le niveau culturel, technologique et intellectuel de sa jeunesse ; unir toutes les forces dispersées dans un développement harmonieux et stratégique, mais faut-il que la volonté politique soit assez déterminante pour susciter, motiver et canaliser toutes ces énergies vitales.
Les gouvernements africains dans le contexte du NEPAD ne doivent pas perdre de vue cette occasion unique de s'ouvrir à la nouvelle économie du savoir, à travers l'intelligence économique et les nouvelles technologies. Si aucune action significative n'est faite rapidement aujourd'hui, ils pourraient être coupables de négligence demain.

Remerciements

Toute l'équipe de SOPEL International, le Comité scientifique et d'organisation remercient chaleureusement la Banque Mondiale, les chefs de gouvernements, les organisations africaines et internationales, qui ont contribués à la réalisation des tables rondes et ateliers de cette deuxième édition des Rencontres Africaines sur l'intelligence Economique et le Développement. " FIED ".

RSVP : Amath Soumare, SOPEL International Tel : 33 6 60 62 70 79 -/ 33 1 46 32 70 79 - e-mail : asoumare@sopel.org -

Rapporteur : Pétra Tchapkui

Comité scientifique et d'organisation du FIED'2001 :

-Amath Soumare, SOPEL, asoumare@sopel.org
- Patrice Dufour, Banque Mondiale, pdufour@worldbank.org
- Fanta Bonnaire, SOPEL, fantasoum@aol.com
- Mariama Hima, Ambassadeur du Niger, tadora77@aol.com
- François Colas, ,SDS
- Général Jean Guyaux, Université Marne La Vallée
-Philippe Clerc, ACFCI, pclerc@acfci.fr
- Laurent Hassid, Intelleco, laurent.hassid@intelco.fr
-Christian Harbulot, EGE, Christian.harbulot@ege.eslsca.fr
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