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FIED 2000
Première Journée

L'ouverture des premières journées africaines sur l'Intelligence Economique et Développement a été précédée par le mot de bienvenu de M Amath SOUMARE qui exprimait ainsi sa reconnaissance aux nombreuses personnalités présentes. En tant que décideurs actifs de la vie économique et politique, tous ont par leur présence exprimée la prise de conscience des mutations de notre environnement professionnel et l'exigence nouvelle faite aux professionnels et politiques africains de réagir en fonction de cette nouvelle foule d'opportunités que nous apporte l'information sans frontière. Ces journées africaines sur l'intelligence économique et le développement selon M. SOUMARE s'inscrit dans la dynamique d'une réflexion portée sur l'adaptation de ce corpus théorique en devenir en Afrique.

Atelier 1 : Introduction aux premières rencontres africaines I.E. & développement
Guerre économique, mondialisation et développement.

Le Président de séance, le Général Jean GUYAUX a ouvert la séance en faisant une présentation de l'historique, du cadre géostratégique et de son évolution, des opportunités offertes à l'Afrique. Du point de vue historique, la gestion de l'information et son exploitation ont toujours été essentielles à travers les étapes de l'évolution des sociétés, cette évolution a subi une accélération et transformation substantielle au 21ème siècle, l'information devient une matière première offerte souvent gratuitement, que seule une appropriation et exploitation maîtrisées et concertées peuvent transformer en outil de décision stratégique pour les acteurs économiques et institutionnels.

Face à cette évolution le schéma traditionnel serait pour l'Afrique un transfert de connaissances, ce qui en l'état actuelle de nos structures serait une lourde erreur, le référentiel culturel n'y étant pas disposé pour les états africains, une adaptation s'impose fruit d'une réflexion conceptuelle et d'un retour d'expérience du contexte africain. Avec l'extinction du capitalisme archaïque, nous assistons aujourd'hui à l'épuisement progressif du modèle économique post-colonial en Afrique, couplé à la dégradation de la qualité du gouvernement, les P.ME, P.M.I africaines dans la course vers l'excellence mondiale se marginalisent de structures, de moyens, et de réactivité. Elles sont tout simplement désarmées face à la guerre économique que se livrent les grandes entités économiques.


Cependant partant de sa spécificité du fait du poids de l'histoire, elle a connu une déstructuration dans sa constitution et déconstruction tout au long des ses années d'indépendance qui la dispose à une grande capacité d'adaptation, sans pour autant se cantonner au rôle de consommatrice exclusive de connaissances.

Dans le cadre de la guerre économique que se livrent les puissances aujourd'hui, on constate malheusement que l'Afrique n'est pas présente, elle est plutôt spectatrice qu'actrice, un enjeu plutôt que décideur. La déstructuration, empêche l'offensive, mais favorise la défensive de par son secteur informel, qui a développé la capacité de survie due à une relative autonomie.

Sur le plan de la mondialisation, l'Afrique subsaharienne fait face à un risque accru de marginalisation des circuits économiques du fait de ses structures économiques et d'absence prononcée d'engagement des politiques. Cependant, l'apport de cette forte fluidité de l'information du fait de l'Internet, et de l'immatérialité des échanges qui impose une réactivité dans tous les domaines, constitue une chance pour l'Afrique, car, elle détient une formidable capacité d'innovation pouvant être justifiée par la souplesse de ses structures naissantes, légères et donc susceptible d'aménagements profonds.

Madame Mariama HIMA, Ambassadeur du Niger à Paris.

Son intervention a mis l'accent sur le rôle de la femme africaine dans l'Intelligence économique et le développement.

Il est reconnu que la femme est un acteur économique d'un poids évident dans le secteur informel non valorisé faute de culture d'optimisation, son association dans le processus d'une culture de gestion de l'information doit être conceptualisée et mise en œuvre. Cela nécessite une évolution des mentalités tant au niveau structurel que conjoncturelle par la mise en place d'un cadre nouveau de travail se traduisant par une grande autonomie et une prise en main de leur évolution.

Dans le discours de Monsieur KODJO Président de l'assemblée Nationale du Togo excusé que Mme Mariama a bien voulu lire, on relève que face à la mondialisation, l'Afrique a réagit positivement avec le plan d'action du Caire et le Traité d'Abuja. Ces actions visent la mise en place d'actions politiques et économiques permettant aux Etats africains de disposer d'organes et d'outils de décision économique face aux exigences de la mondialisation et au risque de marginalité dont l'Afrique est l'objet.

Cependant, la croissance économique des pays africains au sud du Sahara n'a pas atteint le seuil fixé par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) depuis une décennie. On constate que seuls 6 pays ont connu une croissance en dents de scie de 3 % en Afrique au sud du Sahara en 10 ans, le minimum requit étant de 4 % de croissance. Cette croissance est souvent entravée par le poids de la dette qui s'élève à 12 milliards de dollars entre 1990 et 1995 ce qui hypothèque lourdement le développement de ces états. S'ajoutent à ce tableau, l'incertitude de l'environnement politique et économique avec ce que suppose comme frein a l'investissement. Vu de l'intérieur cette anomie tend à s'estomper, car l'Afrique bouge tant au niveau des évolutions des prises de consciences, de la remise en question face à ces difficultés qu'a la réponse à donner à l'exigence d'une évolution des mentalités et de la qualité que la mondialisation insinue.


Christian HARBULOT, Directeur de l'école de guerre économique,

Quelle aide l'Internet peut apporter en Afrique francophone ?

Selon M HARBULOT, le contexte africain est très particulier. Ce particularisme loin de desservir enrichit d'enseignements. C'est un continent dont la jeunesse est très créative et réceptive qui a beaucoup à donner. Dans ce village planétaire qui se profile n'oublions pas que les rapports entre fort et faible ont toujours été marqués du sceau de la domination des faibles par les forts et de l'exploitation qui en découle. Aujourd'hui le poids de l'histoire continue à générer et maintenir cette faiblesse. Il est clair que seuls les Africains doivent réagir en mettant un terme à cet infantilisme politique qui consiste à rechercher ou mimer les solutions venues d'ailleurs. Le monde économique étant devenu très concurrentiel, l'Afrique doit compter sur ses propres forces, sur sa capacité d'innovation, la mise en place d'outil de gestion de l'information adaptée, et l'exploitation optimale des opportunités que le monde de l'information véhicule. L'une des opportunités fondamentales aujourd'hui est l'Internet qui véhicule l'information en temps réel, de manière universelle, adaptable, et de façon partagée. Dans cette course à l'exigence de créativité et de réactivité imposée de facto aux P.M.E. P.M.I africaines, une dynamique nationale s'impose tant dans la culture de l'information que dans sa gestion nationale ou de l'entreprise, car, l'information devient une ressource stratégique dans la prise de décision et elle ne peut plus se gérer sans méthodes de coproduction de connaissances et d'applications nouvelles.

Le risque visible qui s'exprime déjà dans les faits c'est la tentative de recolonisation des économies francophones, par les Anglo-saxons, celle ci semble prendre forme du fait du désengagement de l'aide occidentale, et de la réduction de l'aide française conjuguée avec faiblesse de l'opérationnalité des plans d'actions économiques mis en place par les états africains francophones. Cette dernière importante dans les années 70 et 80 n'a pas pu être bénéficier aux destinataires du fait de la mauvaise qualité du gouvernement et de la confusion des priorités et des intérêts au sein des organismes d'aide à la coopération. Aujourd'hui, celle-ci devrait plus adapter aux besoins des populations africaines, mieux contrôlée et gérée afin de d'optimiser son exploitation.
La fragilité des P.M.E, P.M.I mérite donc une attention différente de celle du passé. L'évolution des données mondiales interpelle la France à une écoute et lecture différente des économies africaines et l'instauration d'un dialogue moins condescendant mais plutôt actif.


Jean-Louis SHAFFHAUSER -Délégué Général de l'Académie européenne

En faisant état de sa grande expérience tant en Alsace qu'au Cameroun, M SHAFFHAUSER met en avant la coopération décentralisée dans laquelle la région Alsace s'est investie. D'ailleurs le développement de certaines régions françaises s'est fait par l'atout que l'Afrique possède aujourd'hui, c'est à dire l'économie informelle. Le développement de l'informel est un point fort qui fonctionne. Lieu d'innovation et d'ingéniosité, les économies populaires urbaines constituent des modes de vie et de survie de la majeure partie de la population. Elles permettent de satisfaire des besoins fondamentaux non couverts par les systèmes officiels. L'informel concerne les activités féminines, alimentaires, de services personnels et matériels, et masculines, de récupération et de recyclage des produits industriels, de transport, de transformation et de fabrication.


La prise en compte de l'informel a remis en cause les modèles dualistes, elle a conduit également à questionner les catégories standard et à analyser le caractère multiforme des statuts du travail. Il est question face aux opportunités nouvelles offertes par la mondialisation dont il ne s'agit pas de diaboliser mais d'intégrer dans toute démarche économique de voir comment intégrer suite à ces réflexions et retour d'expériences ces structures en y injection la rigueur des affaires sans pour autant altérer leur dynamisme en tenant compte du référentiel culturel ?

Certaines tentatives ont eu lieu en 1986 au Cameroun avec une ligne de crédits, dont l'objectif était d'injecter un minimum 10% de l'aide au développement dans cette économie informelle. Cela a permis de sortir certaines petits producteurs informels du réseau domestiques d'êtres insérés au marché avec le statut de P.M.I. Il faut voir comment développer, structurer cette économie pour mieux l'insérer au marché concurrentiel. Dotées de ressources importantes de matières premières parfois inexploitées, elle manque cruellement de capacité d'extraction, d'exploitation, de gestion, de contrôle et suivi. Les matières premières africaines du fait de ces faiblesses sont souvent concédées plutôt que gérées. Un effort dans l'acquisition des connaissances et du savoir-faire, pour la rendre maîtresse de ses matières premières. Mais n'est compatible qu'avec une réorientation de l'aide extérieure à hauteur de 10 %. Elle permettrait de régler des problèmes de santé et d'éducation à utiliser bon escient. Cela induira la mise en place de plans favorisant l'économie des partenariats, et l'établissement d'outils de coopérations nouvelles.


Stéphane GAUVIN de l'Université Laval, Canada

Après une présentation des activités de L'université de Laval du Canada, son intervention a permis aux participants de prendre en compte le fait d'une bipolarisation déjà visible de l'information, d'une part l'information que l'on obtient relativement facilement dont le recueil se fait de plus en plus automatiquement et celle d'autre part à forte valeur ajoutée c'est-à-dire celle qui combine et rapproche des informations de premier type et les complète puis par une synthèse propose des orientations. Ce monde est en perpétuel changement, la brusque accélération de l'ordonnancement technologique dans les échanges immatériels, qui implique une course à l'innovation exigeant du coût une veille de l'information. Avec la veille technologique c'est à dire le croisement de l'information et de la stratégie dans un contexte de globalisation des économies. La veille nous permet de disposer donc d'une image de l'environnement concurrentiel.

La PME aujourd'hui doit sentir le marché, tâter le terrain, sortir sa planche et comme le surfeur se mettre à l'eau. Une fois qu'elle a saisi le marché, elle doit bâtir un système qui lui permette de s'auto-piloter et de coller au marché. Pour cela, il est indispensable de former des commandos de vigiles qui pourront détecter toute anomalie et d'anticiper en vue de réagir efficacement. Aujourd'hui les universités Nord américaines lancent un programme de formation de commerce électronique, et elles se livrent ces formations par Internet. L'intérêt de ces programmes est qu'il permet un accès plus facile à un public jeune.

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